Accueil Amérique du Sud Une semaine à la découverte de l’Amazonie dans le parc national del Manu au Pérou
parc del manu

Une semaine à la découverte de l’Amazonie dans le parc national del Manu au Pérou

28 juillet 2017

Après la Cordillère Blanche, le Canyon de Colca, les vestiges Inkas à Cusco et le Machu Picchu, nous avons eu envie de découvrir une nouvelle facette de ce pays qu’est le Pérou, j’ai nommé : la forêt amazonienne !

Comment partir visiter la forêt amazonienne au Pérou ?

Il y a plusieurs moyens de découvrir la forêt amazonienne au Pérou, vous pouvez choisir de visiter le nord de la forêt, le trajet est assez long depuis Lima ou Trujillo, ou vous pouvez visiter la zone sud en partant de Cusco. Comme nous étions dans la région, nous sommes partis sur cette option. Une fois la zone de la forêt amazonienne choisi, il vous reste le mode de découverte, séjour tout compris dans des lodges 5 étoiles, partir à l’aventure avec juste une carte et une boussole… Nous avons choisi l’option intermédiaire, nous sommes partis une semaine en volontariat pour travailler dans la forêt et découvrir la faune et la flore locale.

Nous sommes partis avec Manu Peru Amazon dont le projet est de travailler uniquement avec des familles originaires de la région, on oppose souvent ce mode de voyage avec les tours guidés qui partent depuis Cusco. D’un côté vous rencontrez des personnes natives du parc qui ne parlent pas anglais mais qui connaissent la forêt comme leur poche, de l’autre vous avez des guides diplômés qui ont appris à l’école les secrets de la forêt. Les deux volets sont intéressants, il nous a semblé plus éthique de travailler avec des locaux mais nous ne connaissons pas réellement la part des revenus reversée aux familles donc la vigilance est de mise si vous souhaitez partir de manière responsable et respecter au mieu les populations qui vivent ici.

Une fois toutes ces considérations expliquées, nous allons vous raconter comment nous avons vécu cette expérience !

A la découverte du parc del Manu

cuisine péruvienneNous sommes à Cuzco, il est environs 10h30 du matin, nous venons de voir le Machu Picchu et toutes les merveilles Inkas de la vallée sacrée et nous marchons en direction de la petite société de transport Rodrigo. On nous a dit de demander la señora Mathilda qui doit être au courant de notre venue… Nous arrivons, il y a juste une table, une pancarte verte, un minibus est garé devant, je demande à la dame « Tu es Mathilda ? », elle me répond « Oui, vous allez chez Oliver ? », je continue « Je ne sais pas nous allons dans le parc de Manu », elle reprend « Mettez vos sacs sur le toit et montez ! ». Nous faisons passer nos sacs au chauffeur qui est sur le toit, il les sangles et en avant ! Nous partons pour 9h de minibus sur une route non goudronnée, que l’on pourrait qualifier de nid de poule géant. Nous passons des cols nous réalisons des changements d’altitude spectaculaires, si bien que le chauffeur descend toute les heures pour donner un coup de pied dans les pneus afin de s’assurer que tout est conforme. Après 3h de route, nous nous arrêtons dans un marché, nous décidons de confier nos estomacs à une dame qui a une petite chariote au bord de la route, elle propose un menu complet pour 4 soles (environs 1,2 €) et pour cause nous avons du poulet frit, des frites, des pattes, du riz, de la mayonnaise, de la moutarde et du ketchup ! Je n’ai jamais mangé aussi équilibré de ma vie… Mais c’est très bon, on ne laisse rien aux chiens errants qui nous regarde avec un air de… chiens errants !

Arrivée à Salvacion

Nous arrivons vers 20h à Salvación, le village où nous devons rencontrer ce fameux Oliver et passer la nuit avant de partir dans la forêt. (Inutile de chercher Salvación sur Google Maps le village n’est référencé sur aucune carte). Nous descendons du bus, il fait nuit et là un homme en moto cross arrive en criant « Bienvenue à Salvación, je suis Oliver, venez on va manger chez moi ». L’homme est assez surprenant, nous le suivons, de toute manière nous n’avons pas tellement le choix. Nous arrivons sur place, on nous prépare un goulache et nous discutons un peu avec une autre volontaire qui est là, une américaine arrivée la veille. L’occasion d’échanger également avec Oliver, un Italien, fan de perroquets, arrivé depuis près de 30 ans au Pérou et ayant monté tout le programme. Il travaille régulièrement avec le National Géographic, la BBC, il a également géré toute la logistique pour le film « Il était une forêt » de Luc Jacquet. Nous nous interrogeons beaucoup sur le rapport qu’il entretient avec les locaux et sur la répartition des revenus générés par son activité, mais nous n’aurons pas beaucoup de réponses à ce sujet.

Première excursion nocturne

Après le repas, nous partons, Lorie et moi avec Alberto, qui sera notre guide pendant le séjour. Nous passons prendre son fils qui sera notre éclaireur pendant la soirée. Cette sortie est très enrichissante, Alberto a un peu bu et est très loquace, ce n’est pas l’idéal pour voir des animaux mais il nous confie beaucoup de choses. Il nous parle de son père, de la manière dont Oliver travaille avec les locaux et il nous explique la concurrence qui règne avec les guides de Cusco. Il semble y avoir une grosse frustration chez lui à ne pas parler anglais, nous ferons notre possible sur le camp pour l’aider sur ce point. Durant l’excursion nous voyons des grenouilles, des araignées, des sauterelles mais la nuit il est difficile de distinguer beaucoup d’animaux et la pleine lune ne permet pas de voir correctement les caïmans qui peuplent la lagune. Nous rentrons chez Oliver après 2h en se demandant un peu si l’aventure sera à notre goût, Lorie a beaucoup de doute, de mon côté je me dis qu’il faut attendre un peu pour se faire une idée.

araignée

Départ pour le camp

Nous passons la nuit dans une toile de tente, et le matin à 5h30 nous partons de nouveaux pour  une excursion, nous découvrons le parc de jour, c’est très impressionnant. Après 2h de visite du parc où nous voyons cette fois bien plus d’animaux, oiseaux, singes et insectes, nous faisons nos paquetages pour partir sur le campement où nous passerons la semaine. Nous partons avec Jesus et Alberto, comme nous sommes volontaires, nous n’avons pas que nos sacs à dos à porter mais des vivres pour la semaine. Je prends un sac de provision, qui doit peser environs 15kg en plus de mon sac d’environs 10kg, et Lorie s’équipe du précieux beurre de cacahuète maison, qu’elle aura pour mission de garder intact pendant tout le voyage. Nous marchons environs 1h à travers la jungle, il fait très chaud et très humide, nous transpirons à grosses gouttes mais tout se passe pour le mieux. Une fois arrivé en lisière de la forêt, nous retrouvons Javier sur une pirogue à moteur, il va nous faire traverser le fleuve (El Rio Madre Dios) pour pouvoir rejoindre le campement. Après quelques minutes de navigation nous entamons les 15 dernières minutes de marche qui nous sépare du camp. Une fois sur place, la vie s’organise.

parc del manu

La vie sur le camp

Une fois sur le camp nous échangeons avec Javier qui est un peu le chef, il nous explique que le travail du moment est la construction d’un chemin en pierre pour faciliter l’accès au camp pour les futurs visiteurs. Nos autres tâches seront de faire la cuisine, le feu et le ménage sur le camp. Nous sommes 6 volontaires et 1 touriste. Mais les conditions difficiles auront raison de notre camarade américaine qui partira le lendemain de notre arrivée.

Un quotidien paisible et plein d’allégresse

L’ambiance est excellente, nous parlons espagnol, anglais et français, nos hôtes ne parlent que Quechua ou espagnol ce qui rend les échanges très drôles. Nous travaillons tranquillement, jouons de la musique et échangeons des blagues de c** qui font énormément rire Jésus et Javier (il faut croire que certaines choses n’ont pas de frontières). Un après-midi Jésus part relever les filets de pêche, nous lui demandons s’il peut nous emmener pêcher, il accepte sans hésiter (il attrapera 4 poissons que nous dégusterons le soir même, nous ne ferons pas de prise mais Lorie a découvert sa nouvelle passion). Tout se met en place naturellement et le soir dans les hamacs nous discutons au coin du feu, la vie est belle et on en profite. Côté confort, oubliez tout, l’eau chaude n’existe pas, les matelas sont durs comme du béton, l’humidité et les moustiques sont insupportables… mais la nourriture est bonne, l’ambiance aussi et le rire de Javier, Jésus et Alberto vous fera dépasser tous ces désagréments.

madre de dios

Le travail, c’est la santé !

La journée est la période de travail, nous travaillons sur le chemin en pierre environs 2h par jour et le reste du temps nous préparons le repas et faisons la vaisselle. Il n’y a pas réellement de sentiment de hiérarchie ou de tensions, tout le monde met la main à la pâte et en profite pour faire une connerie dès que l’occasion se présente. Notre travail sur le chemin consiste à porter d’énormes pierres et à bâtir un escalier qui résistera aux intempéries. Le reste de la journée nous faisons le feu ou la cuisine, j’en  profite pour remercier Javier qui m’a appris à faire le jus de maracuja, c’est délicieux. Lorie passe de très bons moments en cuisine avec lui et apprend l’espagnol en coupant des oignons et des tomates, elle en profite pour lui apprendre quelques mots de français. Ces moments sont très appréciables et nous recommandons à tous ceux qui voudrait tenter l’expérience de partir en tant que volontaire.

Les excursions

parc del manuNous partons principalement en excursion au lever du jour et à la tombée de la nuit, la plupart du temps avec Alberto, c’est un guide hors pair. Il peut détecter n’importe quel animal à plusieurs centaines de mètres et l’amener à lui en imitant le cri tantôt d’une femelle, tantôt d’un animal blessé. Nous découvrons énormément d’espèces d’oiseaux, de batraciens, de singes et d’insectes que nous vous laissons découvrir en image.

Nous apprenons au cours de ces différentes marche à nous déplacer différemment, en évitant de faire le moindre bruit, il faut éviter de marcher sur une branche, éviter les feuilles trop grosses qui pourrait attirer l’attention des animaux. Nous apprenons également à éviter au maximum de nous tenir aux troncs d’arbres qui pourraient nous faciliter la tâche, le risque de poser la main sur un serpent, une araignée ou encore d’énormes épines est bien trop grand. Nous aiguisons nos sens et apprenons petit à petit à discerner les cris et respirations d’animaux, c’est une expérience hors du commun et pourtant si naturelle pour nos hôtes de la forêt.

La veille de notre départ, nous sommes partis en pleine après-midi avec Jesus pour une excursion sur le mirador qui surplombe toute la vallée. Il faut théoriquement 2h pour rejoindre ce point, Jesus est impressionné de voir que nous l’avons fait en 1h et 10 minutes. La vue est sublime, sur le chemin du retour nous quittons le sentier pour nous enfoncer dans la jungle. Nous sommes en pleine course poursuite avec un singe qui nous fait tourner en rond. Jesus l’appelle, il répond, mais va se déplacer tout autour de nous sans jamais nous permettre de le voir. Malgré cette déception, la traque était très intéressante à suivre et nous avons appris encore une fois énormément de choses.

Les rencontres

Javier le chef du camp

Javier est le chef du camp, il gère la cuisine, nous sommes ses commis. Javier est une personne très attentionnée, souriante et à l’écoute. Nous avons adoré discuter avec lui, il passe presque toute l’année sur le camp. Lorie a vraiment noué de très forts liens avec lui, il est réellement adorable.

Jesus fort et sensible

Jésus est l’homme fort du camp, doué de capacités physiques hors norme il sait tout faire, bâtisseur, guide, bûcheron, pêcheur ou encore cuisinier s’il le faut. Cette force physique ne l’a pas empêché de verser une petite larme lors de notre câlin d’adieux.

Alberto le meilleur guide de Manu

Alberto qui regrette tant de ne pas parler anglais n’a rien à envier aux guides que l’on trouve à Cusco, il sait tout de la nature, il ne connaît pas simplement le cri de tous les animaux, il sait imiter une bête blessée en fonction de ce qu’il souhaite faire faire à l’animal qu’il piste. Il apprend tout ce qu’il sait à son fils et nous aura appris énormément pendant ce voyage.

Une expérience inoubliable

Nous n’oublierons jamais cette expérience, les animaux de la forêt, la beauté des paysages, les échanges avec les autres volontaires venu de partout dans le monde… tout était parfait. Mais ce que nous retiendrons par-dessus tout, c’est cette rencontre, avec Jesus, Alberto et Javier, des personnes entières, bienveillantes, simple et tellement drôles. Nous venons de vivre un des moments les plus forts et les plus riches de nos vies et nous ne l’oublierons pas de sitôt.

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2 commentaires
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2 commentaires

Jolies lueurs 10 octobre 2017 at 9 h 30 min

Coucou !
Super chouette cet article, je suis arrivée au bout de la lecture en me disant « Mince, déjà fini ? » J’aurais aimé encore plus de photos sur cette expérience, mais l’imagination et l’aventure feront le reste dans mon esprit ! En tout cas, c’est une façon incroyable de découvrir l’Amazonie, et sans doute une expérience mémorable pour vous deux ! Le genre de rencontres, de moments, qui font grandir un peu, qui nous construisent… Merci de partager ça avec nous !

A bientôt !

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Lorie 10 octobre 2017 at 11 h 09 min

Merci beaucoup pour ton commentaire qui nous fait tellement plaisir ! Arf, désolée pour le manque de photos, c’est vrai que je l’ai un peu délaissé pendant ces quelques jours… Et oui, c’était vraiment reposant et ressourçant, une petite parenthèse pendant notre voyage !

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