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Canyon de colca

Trek de 3 jours dans le Canyon de Colca

16 juillet 2017

Après nos différents treks dans la Cordillère Noire, puis la Cordillère Blanche, nous avions envie de découvrir un environnement totalement différent, nous sommes donc partis en direction d’Arequipa au Sud du Pérou. Cette très belle ville coloniale mérite d’être visitée, mais ce n’est pas vraiment pour cette raison que nous sommes ici. La vrai raison de notre venu est le Canyon de Colca, dans lequel on peut faire des treks de plusieurs jours, dans un environnement magnifique, entre les condors et les colibris… Aller c’est parti !

Pour ceux qui s’intéressent au côté pratique, rendez-vous directement à la FAQ que nous avons réalisée sur le Canyon de Colca !

– Se rendre d’Arequipa à Cabanaconde –

La première étape pour démarrer un trek dans le Canyon de Colca, est de rejoindre un des points de départ. L’avantage c’est qu’il n’y en a pas 36, et les deux villes principales sont accessibles en bus depuis Arequipa. La première ville est Chivay, située à environ 4h30 de bus d’Arequipa, cette ville est relativement grande et permet de démarrer des treks sur de longues périodes comme des treks à la journée. Nous avons choisi la seconde ville : Cabanaconde, cette petite ville est située à 6h de bus d’Arequipa, et est idéale pour réaliser des treks sur 2, 3 ou 4 jours en fonction du parcours que vous souhaitez effectuer. Nous sommes passés par la compagnie Reyna pour aller à Cabanaconde, il y a un départ à 11h du matin et vous roulerez a peu près toute la journée, le bus s’arrête à Chivay, vous pourrez vous ravitailler à cet endroit si nécessaire. Le ticket de bus coûte 17 soles par personne et c’est le même prix dans toutes les compagnies, à acheter au terminal terrestre le jour même ou la veille pour les plus prévoyants. Concernant le trajet, rien de spécial à noter si ce n’est que vous verrez un volcan en train de fumer si vous avez de la chance et énormément de lamas en semi-liberté, ce qui est toujours sympa à regarder. Les paysages sont jolis mais n’hésitez pas à faire un somme vous aurez besoin de vos forces par la suite.

– Choisir son itinéraire –

Une fois arrivés à Cabanaconde, nous nous sommes posés dans une auberge, le Pachamama. On vous recommande fortement, pas pour la literie confortable, pas pour l’eau chaude dans la douche, pas pour les pizzas qui sont délicieuses, mais réellement pour leur carte du canyon et pour leurs précieux conseils avant d’entamer le trek. (Merci encore à Manu, trouver quelqu’un qui s’y connait et qui parle français dans le trou du c** du Pérou c’est vraiment top !)

On nous conseil l’itinéraire suivant :

  • Jour 1 : Cabanaconde 3400m > Llahuar 2000m : 12km de marche en descente sur un dénivelé de 1400 m
  • Jour 2 : Llahuar 2000m > Sangalle 2100m : 11 km de marche, les deux villes sont à la même altitude mais ne vous y trompez pas il faudra monter un dénivelé positif de 900m avant de redescendre à Sangalle en passant par Malata
  • Jour 3 : Sangalle 2100m > Cabanaconde 3400m : à peine 5km de marche pour 1300m de dénivelé positif, et oui il faut bien remonter à un moment ou à un autre !

Il s’agit de l’itinéraire alternatif qui permet d’éviter le gros des touristes qui passent par agence. Pour le jour 2, vous pouvez éviter Sangalle pour aller dormir à San Juan, ce qui permet de croiser moins de touristes, l’inconvénient est que ce parcours ajoute 1h de marche sur le jour 2 et 1h de marche sur le jour 3, à vous de voir.

Une fois l’itinéraire fixé, une bonne pizza dégustée avec nos nouveaux amis français (Sébastien et Elodie), nous faisons nos sacs et au lit, demain il faudra se lever à 6h pour partir et ainsi éviter la canicule !

Trek dans le Canyon de Colca jour 1 : Descente au paradis

C’est le premier jour, nous sommes en forme, et motivés pour découvrir toutes les surprises du canyon, on démarre la journée avec le petit-déjeuner du Pachamama, boisson chaude, jus de fruits pressé, pain, beurre, crêpe et œufs brouillés ! C’est parti pour la marche, je prends le sac de 50 litres qui pèse environs 9kg et Lorie prend le petit qui pèse environs 5kg. Après une vingtaine de minute de marche, nous arrivons au premier mirador, c’est là que nous contemplons réellement pour la première fois la beauté et l’immensité du canyon, c’est gigantesque et magnifique, nous sommes aux anges. Quelques minutes plus tard, la descente commence, et là vous ne vous arrêterez pas de descendre avant plusieurs heures. Le sentier est facile à suivre (il n’y en a qu’un, si vous vous trompez, je ne peux pas faire grand-chose pour vous :P), il est en revanche assez compliqué à descendre, nous vous conseillons de ménager vos genoux si possible quitte à ralentir la cadence. Si vous possédez des bâtons de marche, c’est le moment de les sortir, vous pourrez limiter les chocs sur les genoux ce qui est important étant donné les étapes qui vous attendent les jours suivants. Nous nous arrêtons régulièrement pour admirer le paysage et rencontrons en route un Border Collie très gentil qui fera un bout de chemin avec nous.

Arrivés en bas, après environ 3h30 de descente vous découvrirez un pont qui passe au-dessus de la rivière Colca, avant de continuer votre route, traversez le pont puis suivez un sentier sur la droite, il est assez dangereux (il y a plusieurs sauts au-dessus du vide à réaliser pour atteindre l’objectif). Une fois au bout, vous découvrirez une plage de galets avec un geyser ! Bon rien de semblable avec un geyser islandais, mais le sable bouillonne et les fumerolles vous rappelleront que vous êtes sur une montagne volcanique toujours en activité. On casse la croûte et on repart en direction du pont. Une fois à cette endroit, nous prenons à gauche pour avancer vers notre destination du jour Llahuar, et cette fois vous remontez une côte assez difficile puisque vos jambes ne sont pas habituer à ce mouvement, la montée est courte et le long d’une piste où passent quelques voitures, pas de quoi s’inquiéter si ce n’est de la chaleur qui commence à se faire sentir.

Une fois en haut de cette route, nous arrivons à un croisement, le panneau indique « Tapay à droite », c’est le moment où il ne faut pas se planter, nous avons rencontré beaucoup de gens ayant fait cette erreur, il faut tourner à gauche pour accéder à Llahuar. Nous rencontrons sur la route un couple d’américain, qui nous indiquent que l’arrivée est proche, plus qu’une demi-heure de marche environ, le temps de parler politique internationale, nous repartons. A ce stade de la journée la température est caniculaire, en plein désert nous sommes assez fatigués et souhaitons en finir avec cette journée de marche, même s’il n’est pas encore midi. Nous traversons un petit village où nous rencontrons Claudio un Péruvien très sympa qui nous indique le chemin, nous sommes à moins de 15 minutes de l’arrivée, quand tout à coup, nous apercevons Llahuar, une oasis perdue au milieu du désert, c’est superbe, je rêve d’un Coca bien frais et Lorie est impatiente de découvrir l’attrait principal du lieu : les sources chaudes !

Nous arrivons à Llahuar, accueillis de manière étonnante, 2 mules, nous barrent le passage, nous ne savons pas comment passer. Nous restons bien 5 minutes à négocier avec ces hôtes d’un nouveau genre avant de passer en force avec le sac à dos devant en mode « bouclier » pour éviter un malencontreux coup de sabot. Tout ce passe bien et cette fois nous avons droit à un accueil des plus chaleureux, la gérante nous saute au cou comme si nous étions des héros, malgré la sueur qui coule sur nos visages et nous emmène dans notre cabane pour la nuit. Nous passons le plus clair de l’après-midi à se baigner dans la rivière et dans les sources chaudes avec nos amis de la veille que nous sommes heureux de retrouver sur place.  Sur place, nous partageons de bonnes bières et un bon repas, le menu est unique pour 10 soles par personnes (quinoa au riz… oui vous êtes au Pérou, aucun doute là-dessus).

Petite précision, l’électricité est aux abonnés absents à Llahuar, prévoyez donc de quoi recharger vos téléphones si nécessaire et surtout une lampe pour vous déplacer la nuit.

Canyon de colca

Trek dans le Canyon de Colca jour 2 : Balade au cœur du canyon

C’est parti pour le deuxième jour, les jambes sont un peu fatiguées, mais le moral est bon, nous partons à 6h pour engloutir notre meilleur petit déjeuner du Pérou, jus de fruits, boisson chaude, pancakes succulents et magnifique vue sur le canyon ! Après cette pause culinaire, nous quittons l’oasis pour remonter le long du chemin jusqu’au croisement de la veille menant à la ville de Tapay. S’en suit une montée d’environs 900m de dénivelé le long d’une route non goudronnée, ce n’est pas très pentu, mais c’est rude. Lorie a une facilité déconcertante à monter ce genre de phase, de mon côté je m’efforce d’essayer de la suivre en étant complètement essoufflé. Au bout d’une heure de montée environ, nous arrivons juste en dessous d’un belvédère qui permet d’avoir une vue superbe sur la vallée. D’en bas, nous apercevons nos compères qui sont en train de descendre du point de vue : Sébastien nous lance « il faut que vous montiez voir ça c’est dingue« , je lui réponds du tac-o-tac « on a la flemme !« . Sur le coup, je sais que c’est une erreur de ma part, mais bon, j’ai vraiment la flemme !

Nous entamons ensuite la deuxième partie du circuit, cette fois nous la faisons à 4 avec Seb et Elo, cette partie est plutôt confortable, on marche sur une piste en légère descente pendant environ 1h30 jusqu’à Malata. Malata, c’est une ville assez importante dans le trek puisque c’est là que vous déciderez si vous continuez pour San Juan à 2h de marche de là ou pour Sangalle à 1h. Nous partons tous les 4 pour Sangalle, parce qu’il y a « des piscines » et oui ça sonne comme un caprice d’enfant gâté mais on a chaud et on a envie de voir cette oasis de plus prêt. La descente est un peu raide mais nous arrivons tous les 4 sans soucis à Sangalle prêts à en découdre avec cette fameuse piscine.

Manque de bol le ciel s’est couvert, il ne fait pas si chaud que ça, je me baigne quand même mais bon ce n’est pas si top que ça, et quand on parlait d’oasis touristique on ne nous mentait pas. Il y a deux Eco Lodge à Sangalle, nous arrivons vers 12h, ils sont tous les deux quasiment vides, cependant au fur et à mesure de la journée plusieurs groupes arrivent et viennent rendre l’endroit réellement peuplé. L’amabilité du personnel sur place est très limitée, surtout si vous n’êtes pas accompagnés d’un guide. Nous trouvons également que cette oasis sonne moins authentique et plus superficielle que celle de la veille, mais bon nous passerons tout de même la nuit là après avoir mangé un excellent repas.

Trek dans le canyon de Colca jour 3 : Montée infernale

Aller, c’est le 3ème jour, on a un peu les jambes lourdes, et c’est un peu dure de se lever à 5h30 du matin mais il le faut nous voulons encore une fois éviter de monter en plein soleil et le bus qui part pour Arequipa décolle à 11h30, on aimerait ne pas le louper. On prend un bon petit-déjeuner quand soudain, mon ventre me dit « Aujourd’hui mec, tu vas rester couché sinon tu vas en subir les conséquences !« , autrement dit, aussitôt après avoir mangé le petit déj je cours dans la chambre pour vomir tout ce que je viens de manger et boire. Avec ce léger contretemps, on part à 6h45 de Sangalle alors que nous voulions partir à 6h… Ce n’est que le début des ennuis.

Nous entamons tout de même la montée, je n’ai rien dans le ventre, ni eau, ni nourriture mais je ne me sens pas trop mal, j’ai mon sac de 9kg sur le dos et Lorie celui de 5. On avance tout d’abord pendant une heure à un bon rythme, je regarde mon altimètre, nous venons de faire 500m, plus que 800, on se dit que c’est à notre portée. On continue d’avancer, je bois beaucoup d’eau pour rester hydrater malgré l’intoxication alimentaire que je subis. Lorie me propose de manger une orange pour prendre un peu de force, c’est une bonne idée. Malgré tout, quelques mètres plus loin, je me vois dans l’obligation de rendre à mère nature tout ce qu’elle m’a donné. Je vomis le reste de mon petit déjeuner, l’orange et bien sûr toute l’eau que j’ai bu depuis le matin. A ce moment-là, je suis tellement mal en point que Lorie décide de prendre le sac de 9kg et de me laisser le petit, c’est probablement ce qui nous a permis d’atteindre le sommet.

L’avantage, c’est que le sentier manquait de balisage et il était difficile de trouver son chemin, après notre passage vous n’aurez qu’à suivre les traces fraîchement laissées par mon estomac pour trouver votre route. Nous continuons de monter malgré tout, je sens un regain d’énergie, le sac me portait vraiment sur les épaules et j’avance plus vite malgré les nausées et la déshydratation en revanche Lorie a plus de peine ce qui est parfaitement logique. Ça fait 2 heures que nous marchons, nous avons fait environ 800 mètres, il nous en reste 500, nous avons vraiment ralenti l’allure, le soleil est de plus en plus dur avec nous et l’oxygène diminue, bref ce sont les meilleures conditions pour taper un sprint. A ce moment-là, Lorie tombe sur un signe du destin, elle trouve un fer de mule, on se dit « ça doit porter bonheur au moins autant que les fers à cheval, on va arriver en haut !« . On continue à notre rythme pour arriver au bout de 3h de marche.

Arrivé au belvédère, je m’allonge par terre, je n’ai pas bu une goutte d’eau que je n’ai pas déglutie et je n’ai rien mangé depuis la veille, je m’endors en une seconde. Lorie me laisse un peu de répit et prend sur elle, elle est exténuée mais ne se plaint pas une seconde, elle me réveille après quelques minutes, aller nous y sommes presque plus que 45 minutes de marche sur du plat. Nous sommes tellement motivés que nous faisons cette phase en 30 minutes. Arrivé à l’auberge, je commande un Coca bien frais (décidément j’ai un problème avec cette boisson). Nous demandons à prendre une douche, on nous annonce que c’est 5 soles par personne, il ne nous reste que 8 soles en poche. Lorie prend encore une fois sur elle et me laisse la chance de prendre une douche, ça me fera du bien. On regarde l’heure, il nous reste 15 minutes pour faire nos sacs (le gros de nos affaires étant resté à l’auberge) avant de rejoindre la place principale pour prendre le bus de 11h30. Nous retrouvons là nos compères français qui nous filent un coup de main pour porter les sacs, on monte dans le bus et c’est reparti pour 6h de bus pour Arequipa.

Nous sommes fiers d’avoir survécu au canyon, nous avons généralement mi moins de temps que prévu pour chaque passage. Pour ma part, je suis parvenu à grimper, malgré l’intoxication dont je faisais l’objet, preuve que le mental et toujours plus important que le physique dans ce genre de situation. Lorie quant à elle est fière, fière d’avoir vaincu le canyon, fière d’avoir monté près de 1000 mètres de dénivelé avec un sac pesant près de 10kg, fière que ses jambes ne l’aient pas trahie pendant cette épreuve intense, elle n’a qu’une envie, remettre le couvert pour d’autres treks sur plusieurs jours. De mon côté, je ne rêve que d’un lit, d’un Vogalène, d’un Smecta et d’un bon verre de Coca !

Conseils pratiques pour visiter le Canyon de Colca

// Quel est le coût du bus Arequipa > Cabanaconde ? Le bus coûte exactement 17 soles par personne, chaque compagnie pratique ce tarif et il n’y a pas de surcoût pour les bagages. En revanche, un surcoût de 2 soles par personnes et demandé par le terminal terrestre d’Arequipa pour accéder au quai.

// Faut-il prendre un guide pour le Canyon de Colca ? La réponse est simple : Non, non et non ! Les agences vous disent que c’est impossible à faire sans guide, c’est un mensonge, votre expérience sera sans aucun doute bien meilleure sans guide.

// Faut-il retirer de l’argent avant de quitter Arequipa ? Oui beaucoup, on vous conseille d’avoir au moins 300 soles par personne, le billet pour le parc coûtant 70 soles et les hébergements environs 40 soles chacun. Prévoyez plus si vous comptez acheter de l’eau et de la nourriture dans le canyon tout y est plus cher qu’ailleurs.

// Quel matériel emporter pour le trek ? Voici un petit listing en vrac : gourde filtrante, chaussures de rando, maillot de bain, serviette, nécessaire de toilette, lampe frontale ou torche, batterie solaire, casquette, crème solaire, anti-moustique, baume à lèvres, écharpe, couteau suisse, lunettes de soleil, de quoi se nourrir en trek…

// Faut-il réserver les hébergements avant d’arriver dans le canyon ? Non en réservant à l’avance vous paierez plus cher. Booking.com étant le seul moyen de réserver à l’avance, les hôteliers vous font payer le prix de la chambre plus la commission Booking.

// Y a-t-il du Wifi dans les hôtels du Canyon de Colca ? Non, dites adieux à internet en quittant Arequipa, prévoyez donc de télécharger les cartes hors connexion sur Google Maps si besoin.

// Peut-on faire le canyon en toile de tente ? Oui tout à fait, les oasis où nous sommes passés ont des emplacements dédiés pour les tentes et vous feront payer un prix raisonnable pour accéder à toutes les infrastructures.

// Quelle quantité d’eau emmener dans le canyon de Colca ? Il est conseillé de prendre 2 litres d’eau par jour et par personne. Dans cas d’un trek de 3 jours à 2 ça revient donc à 12 kg d’eau dans les sacs… Nous conseillons la gourde filtrante pour pouvoir boire l’eau des cours d’eau et des rivières que vous croiserez, avec ce système nous avions seulement 2 litres d’eau pour 2.

// Faut-il prendre des bâtons pour le trek ? Nous le recommandons fortement, le trek n’est pas particulièrement technique mais vous aurez besoin de ménager vos genoux. Dans les descentes, il est intéressant de pouvoir amortir l’essentiel des chocs avec des bâtons de marche.

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